Déjouez le Blue Monday dans votre milieu de travail
Chaque année, le troisième lundi de janvier est surnommé le « Blue Monday », souvent présenté comme la journée la plus déprimante de l’année. Bien que ce concept ne repose pas sur un fondement scientifique reconnu — plusieurs experts le qualifient plutôt d’initiative marketing — il met en lumière une réalité bien tangible : le mois de janvier peut être plus difficile sur le plan psychologique.
La baisse de luminosité, le retour au travail après les vacances, les pressions financières ou encore les résolutions non tenues peuvent influencer l’énergie et la motivation. Selon l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM), l’hiver est une période où plusieurs personnes ressentent une baisse d’humeur ou une diminution de vitalité.
Dans ce contexte, les organisations ont tout intérêt à favoriser un environnement soutenant le bien-être psychologique, et ce, bien au-delà d’une seule journée symbolique.
Miser sur un climat de travail positif
L’ambiance physique et sociale influence directement l’expérience employé. Sans transformer radicalement les espaces, de petites initiatives peuvent contribuer à dynamiser le milieu :
Ajouter des éléments visuels lumineux ou végétaux
Valoriser les réalisations récentes de l’équipe
Mettre en avant des messages mobilisateurs
Selon l’Ordre des CRHA, le climat organisationnel constitue un facteur clé d’engagement et de santé psychologique au travail.
Encourager les pauses actives
Les pauses contribuent à la régulation du stress et à la concentration. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) rappelle que l’activité physique, même modérée, favorise la santé mentale et la réduction du stress.
Encourager les employés à :
Prendre l’air quelques minutes
Marcher sur l’heure du dîner
Participer à une activité collective légère
peut avoir un effet positif sur l’énergie globale de l’équipe.
Favoriser la connexion sociale
Le sentiment d’appartenance est un déterminant important du bien-être au travail. La recherche en psychologie organisationnelle démontre que les relations interpersonnelles de qualité contribuent à la satisfaction professionnelle et à la résilience.
Organiser un moment de convivialité simple — café d’équipe, déjeuner partagé, activité collaborative — peut renforcer la cohésion et diminuer l’isolement, particulièrement en contexte hybride ou hivernal.
Redonner du sens aux objectifs
Janvier est souvent associé à la pression des nouvelles cibles annuelles. Plutôt que de se concentrer uniquement sur les objectifs à long terme, il peut être pertinent de valoriser les petites réussites et les étapes franchies.
La théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan) souligne l’importance du sentiment de compétence dans la motivation. Reconnaître les progrès, même modestes, contribue à maintenir l’engagement.
Soutenir le bien-être de façon structurée
Au-delà d’initiatives ponctuelles, la prévention en santé psychologique repose sur des actions durables :
Communication ouverte et respectueuse
Accès à des ressources d’aide (PAE, soutien psychologique)
Charge de travail réaliste
Leadership bienveillant
La CNESST rappelle que l’employeur a l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé, la sécurité et l’intégrité psychologique des travailleurs.
Au-delà du Blue Monday
Le « Blue Monday » peut servir de prétexte pour rappeler l’importance du bien-être au travail, mais la santé psychologique ne se limite pas à une date au calendrier.
En misant sur un climat sain, des relations positives et un leadership mobilisateur, les organisations créent des environnements plus résilients et performants, peu importe la saison.
Sources
Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) – Santé mentale en milieu de travail
Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) – Activité physique et santé mentale
CNESST – Obligations de l’employeur en matière de santé psychologique
Ordre des CRHA – Santé organisationnelle et mobilisation
Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). Self-Determination Theory